Cobalt, pas de “guerre des métaux”!

La déclaration du London Metal Exchange aujourd’hui à Paris au 12ème Forum sur les chaînes d’approvisionnement en minerais responsables organisé par l’OCDE permet de considérer que le débat qualifiant le cobalt de « mineral de sang » sera bientôt anachronique, une vision du passé.

Lorsque l’on observe en effet la vitesse à laquelle le LME réagissait à la nouvelle situation de l’aluminium estampillé du fabricant russe Rusal, que doit-on penser de sa future vitesse de réaction lorsque dans la même semaine il indique qu’il s’engagera pour que l’ensemble des métaux échangés sur son marché suivent les recommandations de l’OCDE ?

Petit à petit cette institution qui réussit à imposer ses recommandations « minerais responsables » pour  l’or, le tungstène, le tantale et l’étain dans la région des Grands Lacs, voit sa démarche s’étendre à toute la planète, notamment au cobalt.

Les consommateurs, tel Apple, ont une forte adhésion aux recommandations OCDE ; et côté production, notamment en RDC, 90 % du métal est conforme, car il a pour origine l’industrie minière. L’artisanat minier ne représente qu’environ 10 % de la production et est effectivement un souci qui a pour origine la pauvreté. Il est donc normal que le marché pivot entre la demande et l’offre de métaux, le LME, profite de la contagion OCDE, c’est-à-dire que les métaux échangés sur le LME excluent des listes des producteurs agréés ceux dont la production est illégale. Affirmer l’inverse ne contribue qu’à attiser la balkanisation du centre de l’Afrique avec des risques encore inconnus.

Si le LME est suffisamment rapide, stigmatiser la production de cobalt deviendra un débat du passé tout comme celui qui concerne une « guerre des métaux stratégiques ». En effet, les palimpsestes guerriers sur ce sujet sont déjà anachroniques lorsqu’on observe les récentes découvertes sous-marines japonaises en terres rares.

Publié dans Les Échos le 17 04 2018