Gagnez plus en 2011

Uranium, cuivre, aluminium, zinc, agriculture, palladium, rhodium. Les thèses s’opposent en début d’année !

D’aucuns n’ont jamais été convaincus par le bien fondé d’investir dans les ressources naturelles. Un boum des prix ne s’explique que par une pénurie passagère. En dehors de ces courtes tensions les prix rejoignent invariablement le coût de production marginal, lui même en baisse constante grâce aux avancées techniques. Théoriquement c’est exact, dans les faits une erreur de stratégie sur les dix dernières années.
A l’inverse les inconscients indiquent qu’un changement d’année n’atténue nullement des fondamentaux solides ou bien fragiles, c’est exact mais le 1er janvier est une des occasions pour ajuster son sextant, regarder sa boussole et sa carte afin de ne pas dire « misma cosa »

Or, argent, platine, palladium, rhodium

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Après notre bingo de l’an dernier, le palladium risque encore de surprendre. Pour ma part, je considère que les planètes s’aligneront avant le 12/12/2012 pour qu’une once de palladium = une once de platine. Ma préférence, en émotion, ira une nouvelle fois vers le rhodium.

Pour l’or, le marché hésite entre la fin ou bien la faim. Le renouveau américain nous fait pencher vers le premier mais l’inflation chinoise vers le second. L’histoire a ses secrets : je crois au transfert de cette position longue d’or/USD vers un long en or/Renminbi. Simplifions, les pays développés retrouvent une santé et vendront l’or, les émergents craignent l’inflation et achèteront l’or. Découplage lorsque tu nous tiens ! Au total il y aura plus de vendeurs que d’acheteurs, l’once baissera. L’argent métal suivra le mouvement de l’or. Cuivre, aluminium, nickel, zinc

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Les métaux de base étaient en fête l’an dernier, l’optimiste continue de prévaloir pour le cuivre, l’aluminium et le zinc. L’incertitude est palpable pour le nickel.

Les prix resteront fermes pour le vrac. Aucune idée sombre : la production de minerai de fer est à l’ouest de l’Australie (le charbon est au nord-est), le manganèse restera bien orienté, la potasse aussi.

Le charbon sera bien évidemment la star involontaire. Les inondations du nord est australien couvrent près d’un million de km² (2 fois la France) et affectent plus le coke (acier) que le charbon thermique (électricité) (voir la vidéo). Les prix seront durablement à la hausse. En effet, les mines à ciel ouvert se sont transformées en piscines géantes qu’il faudra assécher en deux semaines si la pluie s’arrêtait immédiatement. L’impact sur l’acier est encore à mesurer. Uranium, Gaz naturel (USA et Europe), pétrole (WTI et brent)

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Tout ira bien pour le pétrole. L’Opep gère parfaitement la situation et entre ses objectifs de prix à 80 dollars le baril et la réalité en tendance à 110 dollars. Nous sommes dans le « paisible » tunnel de 40 %.

Le gaz manque de visibilité, le marché est toujours fragmenté ; il existe toujours des marchés en Europe et non pas un marché unique. Les consommateurs européens seront heureux de vérifier (voir graphique) que leurs homologues américains bénéficient de prix stables deux fois moins élevés que le prix spot européen, il a doublé. Le LNG est là mais pas les interconnections européennes, ce n’est pas la dolce vita. Comme convenu, le prix du gaz long-terme indexé sur le pétrole et le fioul reste… en partie… indexé sur le pétrole et le fioul et est plus calme.

L’uranium poursuivra une hausse liée à l’insuffisance minière, le renouveau du nucléaire et le stockage chinois. Dans ce secteur, les opérations de fusion & acquisition seront suivies avec intérêt en miroir de celles qui firent le bonheur de vendeurs de sociétés exploratrices et le malheur d’acheteurs malhabiles au plus fort de la spéculation sur U3O8 en 2007. Blé, riz, maïs, soja

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Les produits agricoles sont à la merci de la météorologie. Si le jus d’orange et le café ont des vies plus nerveuses que le blé ou le maïs (voir les graphiques), les conséquences de la sécheresse russe, les inondations australiennes sont la « nouvelle norme » et l’agitation s’accélère. Coton, caoutchouc, tourteau de soja, bétail

image: http://blogs.lesechos.fr/local/cache-vignettes/L150xH103/Coton_caoutchouc_tourteau_soja_betail-df345-ea7a6.png?1378906300

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Les grandes tendances agricoles sont la démographie, la hausse du niveau de vie des émergents qui s’accompagne d’une alimentation plus riche en viande et en grains, l’achat de terres arables africaines par des pays étrangers, les hausses de productivité espérées autour de la mer noire, l’impact du Brésil, l’importance de la PAC européenne. Cacao, café, sucre, jus d’orange

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Et l’Inde, après la Chine, viendra-t-elle bouleverser le marché planétaire de l’alimentation ? La population y est rurale à 70 %, dans vingt ans elle sera à 50 % urbaine, mais 40 % de la population est végétarienne. L’urbanisation changera-t-elle la culture alimentaire ? Le lait et le sucre placent l’inde sur une autre planète alimentaire de même que sa spiritualité. Vaste question.

Résumons-nous. Pour gagner plus en 2011, jouons l’uranium (Cameco voire Areva), le cuivre et l’aluminium (au choix dans le trio Freeport-Xstrata-Rio Tinto), le zinc (Nyrstar ou bien Teck), l’agriculture – pas les produits agricoles (Bunge ou bien CF Industries), le palladium et le rhodium (Impala).

Une morale en conclusion ?

…Mais je sais que chacun impute, en cas pareil,
Son bonheur à son industrie ;
Et si de quelque échec notre faute est suivie,
Nous disons injure au Sort.
Chose n’est ici plus commune.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c’est la Fortune :
On a toujours raison, le destin toujours tort.

(L’ingratitude et l’injustice des hommes envers la Fortune. Jean de La Fontaine

Publié dans Les Échos le 07 01 2011

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