Le cuivre surveille la voiture électrique, l’or surveille le brexit et Trump

Si l’or prospère sur des incertitudes politiques, elles n’existent pas du côté du cuivre

Le Brexit tonnait de nouveau Outre-Manche lors des élections de la semaine dernière. In fine, correspondra-t-il à une chute britannique historique sous plusieurs facettes ? Prenons celle des frontières. La Manche posera-t-elle à l’avenir moins de problème que les trois accords : l’Acte d’Union de 1707 gommant la ligne entre l’Écosse et Londres, le traité d’Utrech de 1713 retirant les 6km² de Gibraltar à l’Espagne et l’accord de la « Frontière Irlandaise » de 1922 séparant l’Irlande et l’Ulster ? Où cela finira-t-il ? Incertitude, affaiblissement, instabilité, le Brexit chamboule la Grande Bretagne.Faut-il s’habituer à écrire Angleterre plutôt que Royaume Uni ?

Les présidents États-Uniens oscillent périodiquement entre  interventionniste et isolationniste. Dans un grand chambardement, la priorité est actuellement à la seconde option. Si elle aboutit à des États-Unis plus forts et une population plus heureuse, Trump gagnera son pari.  S’il échoue, l’originalité démocratique qui sélectionna ce président avec moins de voix que son adversaire (50.8% contre 49.2%) percolera-t-elle dans la population sous la façon d’un grand désordre ?

L’or touchait un point bas en décembre 2015 à 1050$ l’once troy parce qu’en général les taux d’intérêt réels forment le socle de l’évolution des cours de l’or et la politique la dentelle. Mais parce que le Brexit et l’élection américaine créent des ricochets d’incertitudes, que de nombreuses promesses électorales s’évanouissent, qu’une aggravation des zigzags politiques a des ramifications dans le reste du monde,  l’or joue son rôle. Il est valeur refuge en Angleterre, il  bénéficie de n’être la dette de personne aux États-Unis, et vice versa. De fait, après le Brexit il remontait à 1350$ en juillet 2016, il chutait en décembre proche de 1120$ après l’élection américaine, mais depuis il est stable sous les 1300$. À la première occasion ce seuil sera dépassé et rien ne s’opposera à des prix à 1500$. Naturellement, les mines d’or relativement sous-évaluées bénéficient à chaque fois de l’embellissement de la valeur du métal.

Si l’or prospère sur ces incertitudes politiques, elles n’existent pas du côté du cuivre. Les transitions de l’énergie, de l’habitat, des transports électriques (une voiture conventionnelle contiendrait trois à quatre fois moins de cuivre qu’une future voiture électrique) seront immensément consommatrices de cuivre. Deux interrogations surgissent : la production de cuivre sera-t-elle suffisante ? À quel prix seront ce cuivre et l’électricité qu’il engendrera, transportera et stockera ? L’absence

Publié dans Les Échos le 1406 2017

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