La déprime de l’uranium n’est pas une fatalité

Les prix des marchés de l’uranium obéissent à une alchimie complexe, en fonction de ses différents marchés – produits miniers, produits enrichis, produits issus du recyclage – et des conditions d’enrichissement. Les uns et les autres évoluent de manière tantôt parallèle tantôt différente.

Après avoir été multiplié par vingt depuis 2000, l’uranium minier a vu son cours spot divisé par près de trois depuis quelques mois, obéissant au brusque retrait de la demande spéculative et à l’augmentation des ventes de producteurs d’Asie Centrale. Récemment la trajectoire du prix au comptant s’est écartée de celle du prix à long terme, fixé à partir de paramètres au-delà de la relation commerciale classique.

Les centrales nucléaires en construction planifiées ou bien en projet renouvèleront ou augmenteront le parc mondial actuel de plus de 100%. Une fois en activité, elles nécessiteront un “ fond de roulement ” en uranium minier important.
Les mineurs s’adaptent. D’aucuns augmentent leur production ou bien mobilisent des financements dans ce but, d’autres achètent des domaines miniers avec plus ou moins de satisfaction, certains se réorganisent dans l’espoir d’aborder une prochaine période de fusion-acquisition ou encore réalisent des alliances inédites et inconcevables il y a encore peu de temps.

La perspective d’un équilibre offre demande à la faveur d’une augmentation de la production minière de plus de 55% d’ici à 2015 est entachée par la baisse drastique du marché secondaire (recyclage d’ogives nucléaires).
L’enjeu est double : répondre à la demande en nette progression en dépit de l’écroulement de l’un des deux piliers de l’offre, celui du recyclage militaire. Dans les années à venir, la composante minière de l’offre va représenter approximativement 90% du total des ressources, contre 70% aujourd’hui.

Cours de l’uranium – source Reuters

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L’industrie minière sera-t-elle capable de répondre à une cadence soutenue de la demande, renforcée aussi par la constitution de stocks stratégiques ?
Les prix actuels de l’uranium minier sont à la traîne. Mais ils devraient remonter vers les 80-100 dollars la livre en 2012 pour des cours moyens sur le long terme de 60-70 dollars. Le mineur en tirera un profit et le surcoût au Kwh sera marginal pour l’électricien.

Trois fois plus abondant que l’uranium et plus énergétique, le thorium mettra peut être tout le monde d’accord dès que les difficultés techniques liées à son exploitation seront résolues.
En savoir plus sur http://blogs.lesechos.fr/market-makers/la-deprime-de-l-uranium-n-est-pas-a3022.html?ohRlcy8y7CP5m03I.99

Publié dans Les Échos Le 25 09 2009

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